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ALLOCUTION DU PREMIER MINISTRE EVANS PAUL A L’OCCASION DE LA «JOURNÉE INTERNATIONALE DES CASQUES BLEUS DES NATIONS UNIES»

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Monsieur le Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique,

Monsieur le Secrétaire d’État de la Sécurité Publique,

Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement,

Monsieur le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti,

Monsieur l’Inspecteur Général en Chef de la Police Nationale d’Haïti,

Madame la Représentante du Secrétaire Général des Nations Unies, Madame Sandra Honoré,

Mesdames, Messieurs les membres du Corps Diplomatique accrédités en Haïti,

Mesdames, Messieurs les membres des Organisations Internationales établies en Haïti,

Mesdames, Messieurs les membres du personnel militaire, policier et civil de la Mission de Stabilisation des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH),

Mesdames, Messieurs les membres de la presse parlée, écrite et télévisée,

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Au nom du gouvernement et du peuple haïtiens, permettez-moi de saluer le courage, le professionnalisme et la détermination des Casques Bleus de la MINUSTAH et, en ce jour spécial du 29 mai 2015, dans le Camp Charlie, j’ai l’honneur de leur rendre un vibrant hommage pour la mission combien noble qu’ils exécutent au service de la paix et de la sécurité de la population civile en Haïti. Ils méritent la reconnaissance et la gratitude dont ils font aujourd’hui l’objet dans le cadre de la commémoration solennelle de la treizième (13ème)  Journée Internationale des Casques Bleus des Nations Unies.

Avant de continuer, je vous demanderais d’observer une minute de recueillement à la mémoire d’un Casque Bleu, le sergent chilien Rodrigo Andrés Sanhueza Soto, tombé sous une balle assassine du côté de Ouanaminthe le 13 avril dernier…

Durant cette minute de silence, nous n’avons pas non plus oublié les centaines de membres du personnel des Nations Unies tués durant le séisme du 12 janvier 2010, dont le Chef de la mission, Monsieur Hédi Annabi et ses adjoints immédiats. Cet évènement est considéré comme étant celui qui aura coûté le plus de vies humaines de toute l’histoire du maintien de la paix des Nations Unies. Au total, 29 États Membres des Nations Unies ont déploré la perte de membres du personnel en uniforme et en civil au cours de ce désastre.

Il est pourtant dit que ce jour sombre fut paradoxalement l’une des plus glorieuses dans l’histoire des opérations de maintien de la paix quand les  Casques Bleus de la MINUSTAH ont vite réussi à dépasser leurs traumatismes et leurs douleurs pour se mettre à la tâche de secourir les centaines de milliers d’Haïtiens ensevelis sous les décombres. Ce fut vraiment héroïque de leur part !

En vérité, nous ne saurons restés indifférents à ce sens de sacrifice, d’abnégation consentis pour ces hommes et ces femmes venant de tous les coins de la terre pour supporter notre pays dans le cadre de l’appui à la mise en place d’institutions de gouvernance durables,  la surveillance des droits de l’homme et la réforme du secteur de la sécurité publique.

Mesdames, Messieurs,

Depuis que l’Assemblée Générale de l’ONU a instauré en 2002 cette Journée Internationale des Casques Bleus des Nations Unies, les pays bénéficiaires de ces opérations multinationales sous le mandat des Nations Unies n’ont jamais raté l’occasion pour mettre en exergue le rôle indispensable que joue l’Organisation dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Le concept de «maintien de la paix et de la sécurité» par les Casques Bleus est un concept polysémique. Il inclut plusieurs domaines, plusieurs champs de compétences, plusieurs réalités théoriques et pratiques. Les militaires avec leurs casques Bleus constituent la clé de voûte des opérations de maintien de la paix, c’est un fait ! Mais ces opérations incluent aussi des policiers, des économistes, des juristes, des observateurs électoraux et des observateurs de droits humains, ainsi que des experts dans les règlements de conflits, de la gouvernance, des affaires civiles, de la communication, de l’information publique, de la protection civile et de la gestion des risques et désastres.

Ils sont plus de 124,000 militaires, policiers et agents civils des Nations Unies éparpillés à travers le monde, aidant directement des millions de gens, assurant la sécurité et facilitant la réconciliation entre bandes rivales, travaillant à la création des conditions d’une paix durable, œuvrant au renforcement et à la consolidation des institutions et de l’État de droit démocratique. Bref, le maintien de la paix avec les Casques Bleus constituent l’élément essentiel de la mission de l’ONU dans le monde.

De la première mission non armée déployée en Palestine en 1948 pour surveiller la trêve de la guerre arabo-israélienne au dernier déploiement en date de la MINUSMA au Mali, les Nations Unies se sont évertuées à conduire ces opérations de maintien de la paix dans le strict respect des valeurs politiques et culturelles des pays dans lesquels s’effectuent les déploiements.

Ici en Haïti, nous avons à assurer la gestion de la présence de forces étrangères sur le sol national pendant que nous nous efforçons de sauvegarder nos valeurs politico-culturelles, ainsi que notre souveraineté.

C’est une gymnastique discursive et politique qui n’est pas toujours facile, nous devons l’admettre. Et c’est la raison pour laquelle nous travaillons d’arrache-pied à renforcer les capacités administratives et opérationnelles de la Police Nationale d’Haïti. Cette Police Nationale  que la MINUSTAH reconnait avec raison comme étant un partenaire privilégié et indispensable dans le travail des Casques Bleus sur le théâtre des opérations.

Les vingt ans d’existence de cette force de police nationale seront  célébrés en juin prochain dans une atmosphère solennelle d’espoir, de confiance renouvelée en une institution qui a connu tant de soubresauts et qui a su résister à tant de manœuvres politiques de déstabilisation qui visaient à la détourner de sa vraie mission de protection et de service de la population. Après 20 ans, la PNH est devenue une institution adulte, mature, bien rôdée, capable d’assumer son propre destin.

Il est une réalité incontournable, Mesdames, Messieurs, que le retrait de la MINUSTAH du territoire national est inévitable. Donc la Police Nationale doit être en mesure de combler efficacement le vide que la force onusienne laissera dans le paysage socio-politique haïtien. Nous sommes convaincus qu’elle sera à la hauteur de la confiance placée en elle.

Je profite de l’occasion pour saluer la performance des jeunes scouts haïtiens impliqués dans l’action civique. On ne peut qu’applaudir que des jeunes se livrent à cet exercice citoyen qui s’inscrit dans une dynamique de solidarité et d’entraide sociale en vue d’asseoir les bases d’une société égalitaire et respectueuse des valeurs républicaines.

Mesdames, Messieurs,

En cette année électorale, il n’est guère superflu de culture de la paix,  d’entretien d’un climat de tolérance et de dialogue permanent. Comme dit l’autre, «la paix ne doit pas se reposer  sur la crainte de la guerre mais sur l’amour de la paix.» C’est cet amour de la paix, c’est cet attachement au dialogue constructif, c’est cet élan vers le vivre-ensemble qui rendront inutile ce genre de déploiement de forces étrangères sur le sol que nous ont légué nos ancêtres.

La tenue de ces élections est imperative pour l’avenir du pays. Nous sommes à un virage que nous ne pouvons pas nous payer le luxe de rater. Nous devons réussir ces élections inclusives, libres et apaisées. Pour ce, nous avons besoin du concours des membres de la classe politique, enclins au dialogue et du support des membres de la communauté internationale.

Mesdames, Messieurs,

Avant de conclure, je m’en voudrais de ne pas saluer bien bas la grande détermination et l’entier dévouement dont a fait montre la Représentante Spéciale du Secrétaire Général, Madame Sandra Honoré, dans la gestion du dossier Haïti. Dès mon arrivée à la Primature en janvier dernier, elle fut parmi les premiers représentants du Core Group à me payer une visite à mon bureau en vue de me briefer sur les grandes questions de l’heure. Depuis lors, nos relations restent marquées au coin du respect mutuel et de la sympathie réciproque. Je la salue avec beaucoup de respect, ainsi que tout le staff de la MINUSTAH.

Encore une fois, je salue les Casques Bleus de la MINUSTAH et je leur dis BONNE FÊTE en ce jour très spécial pour eux.

Je vous remercie de votre attention.

 

 

 

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